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Wael Ghonim et Mohammed Ali : deux visages populaires en Egypte. Le premier a des antécédents révolutionnistes en 2011, il vit en Californie et son frère est kidnappé par l’armée égyptienne ; le second est un acteur et entrepreneur qui était au rang du président et l’armée, il a fait fortune en bâtissant des châteaux et des palais pour Sissi – maintenant il se cache à Barcelone. Ces deux internautes créent la polémique avec leurs vidéos et lives publiés sur les réseaux sociaux dans lesquels ils incitent le peuple égyptien à se serrer les coudes pour préparer l’avènement d’une nouvelle ère, en utilisant des hashtags dont le plus célèbre est # ياسيسى_بقى_ كفايه_ (c’est assez Sissi) et dont certains ont été supprimés de Twitter après les sollicitations du président égyptien pour apaiser la tension au sein de son pays.

L’appel de Mohamed Ali lancé au peuple par des vidéos a balkanisé le peuple : certains sont pour la révolte et le soulèvement de la répression exercée par Sissi sur son peuple, celle-ci se matérialisant par le gaspillage par Sissi de la richesse des égyptiens pour son propre intérêt en sachant que plus de 33 millions d’égyptiens vivent avec moins de 1.5 euros par jour ; d’autres déplorent vivement les propos de Mohamed Ali en l’accusant d’hypocrisie, d’égoïsme ; d’autres encore qui considèrent les frères musulmans comme un mauvais allié alternatif parce qu’ils sont contre les droits de l’homme, les libertés individuelles ainsi que l’émancipation de la femme.

Pour bien décrire la situation, il est vraiment primordial de dévoiler certaines vérités sur l’Egypte et son historique depuis Gamal Abdel Nasser jusqu’à Abdel Fattah Al Sissi, en passant par Anouar El-Sadate et Hosni Moubarak. L’armée a été la base du régime et toutes les décisions sont prises par cette institution. A vrai dire, l’institution militaire en Egypte constitue la colonne vertébrale et le macho dans tous les domaines, que ce soit l’économie, le social ou la politique et bien sûr les décisions prises sur le plan militaire et les collusions avec Israël contre le peuple palestinien assommé. Sous le règne des islamistes, les actions de l’armée ont diminué, ce qui a rendu le coup d’état de 3 juillet 2013 plus facile et paisible. Ce dernier a mené vers l’ancien système mais cette fois-ci l’armée s’est emparée de toute l’économie du pays. Cela est à remarquer ça dans l’augmentation des chiffres d’affaires des entreprises appartenant à l’armée directement ou indirectement, dans les domaines de la construction, des médicaments, de l’agroalimentaire… L’institution militaire a pu monopoliser la majorité des secteurs vitaux.

Tout le monde sait que l’envahissement du système militaire est manipulé par les grandes puissances mondiales, la Russie, les pays du Golf dans la première position et les pays occidentaux (La France en est un bon exemple) en donnant comme raison la stabilité de l’Egypte et la lutte contre le terrorisme.

Revenons un peu en arrière, plus exactement en 1978 à la maison blanche, l’année où ces pays ont signé les accords de paix du camp David avec Israël. Cet accord avait des conséquences économiques, a permis le contrôle total de l’économie par l’armée ainsi que la vente ou la « cession » des deux îlots Tirane et Sanafir vendus  à l’Arabie Saoudite par Sissi, cette cession ayant créé une polémique en Egypte puisque la décision devait normalement être prise par le peuple et non pas par une personne, deux îles stratégiques dans la mer rouge, géographiquement bien placées, un petit pourboire de Sissi pour gratifier et remercier l’Arabie Saoudite de son soutien après l’accession du pouvoir. Cet accord territorial va jouer un rôle primordial dans la mission Anti-Qatar d’Arabie Saoudite.

Le régime dissimule la réalité du pays et la répression et ne montre que l’engagement contre le terrorisme ainsi que le maintien de la stabilité dans la zone, le régime égyptien ne voit comme solution que la fermeté et la force exercée sur le peuple, les cartes jouées sont nombreuses : les condamnations en premier lieu pour apaiser les tensions et des verdicts fictifs gratuits. A titre d’exemple, la condamnation d’un enfant de 11 ans pour avoir porté un T-shirt sur lequel on peut lire  « Un pays sans violence ». Le petit enfant ne demande que son droit de vivre sans violence et sans répression. Les ordres ont aussi mené à la fermeture des milliers de sites internet de plusieurs partis et associations qui ont des opinions opposants au régime et, comme chaque système dictateur, l’ablation des manifestations contre le système est une bonne arme ; par contre, on constate le gonflement médiatique et la facilité organisationnelle des manifestations pour Sissi.

Pour finir, « Même si vous changez le nom de la place de libération (Maydan Attahrir), le printemps arabe est toujours éveillé, vivant et mûr, la volonté du peuple dépasse n’importe quelle force et jamais un dictateur peut garantir la stabilité et les droits de son peuple et le simple exemple le référendum constitutionnelle 2019 dont lequel on peut constater que le président ne cherche qu’avoir le pouvoir jusqu’à 2030 en augmentant le mandat présidentiel de 4 á 6 ans ainsi que l’amplification des prérogatives du président ».

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