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Rassurez-vous les amis, Taleb M’hanser est toujours en vie. Même si l’on vous dit qu’on ne mange pas bien dans une terre étrangère, en l’occurence la France pour notre Taleb, et donc pas de viande halal à perte de vue, lui, il a bien pris quelques kilos !Eh oui, avec tous les menus maxis best of de McDonald’s, les kebabs, les tacos et les sushis, il ne peut que grossir. Mais bon, il est vrai que les festivités du bled lui manquent, notamment la fête du sacrifice.

D’ailleurs, le jour de l’Aid El Kébir, il ne l’a pas vraiment senti. Son fil d’actualité sur Facebook était monopolisé par des photos d’égorgement de moutons, de chèvres et même de bœufs, et par des statuts de célébration de l’Aïd. S’étant senti trop à l’écart, Zakaria a décidé d’arpenter les rues de son quartier.

Ce dernier est comme à son habitude : le trafic routier est dense, les piétons se comptent en dizaines, les magasins sont ouverts, rien de particulier.

Pas de bouchers se pavanant avec leurs tabliers entachés de sang et leurs matériels, pas de bêlements, pas de charretiers appelant au don des « hidouras », pas de « chouwayas » bricolées au coin de chaque rue, pas de fumée de barbecue.

Confus, rejeté, c’est ce qu’il était. Le rejet, c’est le sentiment qui l’enveloppait. Mais il n’était pas le seul à vivre cette situation. Il y avait les détenus et leurs familles, les mères célibataires — exclues — et leurs enfants. Il y avait les jeunes orphelins, les enfants nés en prison, les enfants de la rue. Il y avait les sans-abri. Il y avait la Palestine, la Syrie, la Birmanie, etc. Il y avait le Maroc oublié. Il y avait le monde oublié.

Aujourd’hui, Taleb M’hanser fait le tour du marché de Noël. L’endroit est bondé, les gens font la queue pour des churros, les enfants s’émerveillent face aux films animés projetés sur des façades, mais il faut dire que l’odeur du vin chaud rebute notre ami. Quoi qu’il en soit, l’ambiance est très festive et tout le monde semble gai.

Taleb semble s’y plaire lui aussi, et c’est tant mieux. Il ne plus que fêter Noël est synonyme d’acculturation, d’occidentalisation, de perte de valeurs, de mécréance ou de déni de sa propre culture. Non, Taleb sait très bien d’où il vient et qui il est. Mais aujourd’hui, il se définit comme citoyen du monde avant tout. Il célèbre la vie, le monde.

Walid Cherqaoui

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